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La route du Pamir en différé

Bon, les voilà arrivés à Khorog, la capitale du Pamir. C’est là : https://goo.gl/maps/qTJdr97p64SpMHGZ6

Les mots de Francis ce matin :

« C’est un raid fabuleux mais très fatigant pour les organismes et le matériel. L’hospitalité est hors normes. Aujourd’hui c’est jour de repos à Khorog. Salut à tous les copains. »

Alors voici quelques photos glanées sur son FB car les upload d’images depuis ces contrées lointaines, se font mieux sur les gros réseaux que sur notre petite plateforme.

Des nouvelles des voyageurs du Pamir

Ils n’ont pas l’air d’avoir trop de réseau (on s’en doutait un peu…), alors ils envoient quelques SMS pour donner des nouvelles. En voici deux, tel quels, pour les journées d’hier et d’avant-hier.

Avant hier 
Sycha : « Pour info voici un MMS de Francis WhatsApp ne passe pas ( pas d’internet ) »
Francis : Nous sommes arrivés dans un petit village perdu et nous logeons chez l’habitant.
Petit résumé des 2 premiers jours :
1 er jour:100km de montagne sur du bitume.
En vrac nous avons poussé une voiture en panne dans une côte.
On a assisté à un mariage.
Lors de la pause du matin à une petite échoppe ils nous ont tout offert.
Nous avons dormi dans un hôtel rustique et nous avons pris notre bain dans un onsen très rustique.
Aujourd’hui nous avons fait 65 km dont une grande partie sur piste difficile avec 1500 m de dénivelé.
Les paysages sont très sauvages et nous circulons dans des vallées magnifiques.
Ce soir nous dormons chez l’habitant.
C’est de l’hébergement style iranien.
Nous mangeons et dormons sur des tapis.
L’accueil est vraiment très très chaleureux.
La nourriture est très variée :poulet,mouton et raviolis.
Température torride de puis le départ :plus de 40 degrés.
Gros problème pour trouver de l’eau potable heureusement que j’ai ma pipette de filtration.
Toujours pas d’internet.
Hier
Francis : Encore une grosse journée aujourd’hui mais moins dure qu’hier.
65 km de piste et 1200 m de dénivelé.
Toujours 40 degrés.
Ce matin nous avons eu droit à du thé ,du pain et du miel au petit déjeuner.
La soirée étape :dîner,nuit et petit déjeuner nous a couté 5 euros par personne.
Nous avons roulé le long d’une rivière toute la journée dans des paysages magnifiques.
A midi nous avons cherché un restaurant dans un village.
Il n’y en avait pas.
Un villageois nous a invité chez lui.
Nous avons mangé sur un tapis. C’était impressionnant.
Il ne savait plus quoi faire pour nous faire plaisir.
Sa femme amenait sans arrêt à manger.
Et il a refusé qu’on le paie!
Ce soir nous dormons dans une mosquée qui accueille les voyageurs.
Nous avons une chambre qui doit faire 50 mètres carrés.
Nous dormons sur des tapis.
Nous avons dîné dans la chambre .
Ici on dort et mange dans la même pièce.
Soirée étape :dîner,nuit et petit déjeuner :10 euros par personne.
Nous sommes à l’altitude 1850 m.
Demain sera l’étape la plus dure :nous allons monter à 3250m d’altitude.
C’est le Tourmalet en plus long:
20 km à 7 pour cent sur de la piste avec les sacoches.
Demain petit déjeuner à 6 heures:nous aurons du thé,du riz et des œufs.
Départ à 6h30 pour l’ascension du col.

Dernier tour de Vis

Les copains me l’avaient bien dit : « fait pas si froid c’est dans ta tête »… bin oui. Ce matin du coup je me suis dit « C’est dans ta tête qu’il fait froid, et un peu sur les pare-brise, un peu par terre aussi c’est tout blanc, mais pas dans l’air »… voilà pourquoi je suis parti a 10h malgré la couette qui gemissait encore… mais quelle chochotte celle là…

Bon et donc… 8km d’ascension dans la face nord de la montée sur le Larzac. Pas pire que la veille mais quelques endroits bien blancs sur la bande d’arrêt d’urgence transformée en piste glissable. Et ensuite grand soleil, quasi les tropiques sur le Larzac. Bascule a St Maurice dans le frigo du haut de la vallee de la Vis où je me suis tout bien rhabillé et ai descendu plus lentement que jamais de peur de tomber sur une plaque de verglas.

Arrivée à Ganges congelé et cuit avec une 100aine de bornes au compteur… mais ça va je connais la fin… rien de bien terrible… ça va passer crème… et puis là du fond de mes crampes me remonte un petit nom mignon… « Cardonille »… et m…. je l’avais oublié celui là… et là aussi je pense avoir pulvérisé mon record de lenteur sur ce malheureux 1.5km avec ses passages à 9.5% (alors les ptits amis vous pouvez dire que non pas du tout je les ai eu sous les yeux ces quasi 10% sur 50m peut etre mais 50m en 28×32 avec 110km dans les cannes et un velo de 20kg hein…. bôn non mais…).

Bref.

J’ai réussi à me recongeler en descendant le fambetou à l’ombre… mais qu’à cela ne tienne, me suis arrêté chez le boucher prendre un sanglier pour ce soir… et puis Onsen dans ma salle de bain et comme ça suffit pas pour me rechauffer, couette.

125km 1200m 6h40 de vélo. Pour un noël c’est un beau cadeau que je me suis fait.

Biz

Après la Bûche

Au rond point d’en bas j’ai lu “campanile ***”. “Au moins ce sera ouvert”, je me suis dit, “et puis y’a buffet à volonté”… alors j’ai accepté ce 112eme km en côte raide pour m’achever au crépuscule du long morceau de bitume avalé aujourd’hui. Au rond point d’en haut j’ai pris à droite, défait mon casque et ma sacoche avant, pris la chambre 8, demandé au chef de me mettre un sanglier de côté, me suis fait couler un bain à 50° pour équilibrer un peu de tout ce froid qui a puisé toutes mes ressources.

Ce matin 9h un petit -10 piquait un peu les pare-brise alentours et m’intimait le conseil d’attendre 11h avant de lever le camp.

Faire du vélo itinérant l’hiver soumet le pratiquant à quelques contraintes qu’il n’a pas l’été :

  • Partir un peu plus tard car il fait trop froid ou trop nuit ou trop flemme

  • Arriver plus tôt car il fait nuit trop tôt ou froid trop vite et la forme est rarement a son apogée a noyel

  • Dormir au chaud est moins aisé… non parce qu’il fait froid… mais parce que même dans les endroits les plus touristiques les hôteliers ferment pour partir au ski ou dans les iles… les coquins

C’est ainsi que ce matin, je suis parti tard (11h30) par -4 encore, direction le sud sur un itinéraire aléatoirement construit au fur et a mesure de ma progression et de ma méconnaissance du terrain.

J’ai bien roulé 50km puis, pensant me trouver à 30km de Millau (“à peu prêt” comme dit Jean Michel), j’ai du accélérer mon repas (constitué d’un sandwich d’un excellent Pâté de Campagne de St Chely)(que je regrette ne pas avoir savouré plus)(mais bon…), puisque mon smartphone s’entêtait à me dire que j’étais à 55km par la voie la plus rapide que je ne comptais d’ailleurs pas prendre…

Aussi sec je suis donc reparti vers La Canourgue puis monté sur un causse pour rejoindre les gorges du Tarn via les Vignes.

Je pensais trouver un hôtel d’ailleurs aux Vignes. Par chance il y en a 2. Mais ils sont fermés. Au Rosier pareil. Les gorges du Tarn l’hiver c’est un frigo… et effectivement chauffer un hôtel dans un frigo n’a pas grand sens.

Voila pourquoi j’ai du rallier Millau après 112km et 1000m de d+ en 5h40 (escargotesque)… non pour m’acheter des gants en cuir, mais pour m’écrouler au campanile.

Demain peut être je retrouverai mon chez moi de St Mathieu si j’arrive a sortir de la douce chaleur de cette couette pour affronter le moins kkchose.

Samedi 7 Avril en photos

Francis est retourné aux sources chaudes ce matin, sans le Commodore qui a préféré rester à l’hôtel (ndlr : c’est compréhensible, suite à sa prestation vocale d’hier soir, il devait rester un peu planqué pour éviter paparazzi et autres chasseurs d’autographes…).

Salon privatif et accès VIP… ça ne peut pas nous étonner.

Si l’eau était à 41°, l’étape de 30km jusqu’à un lac au sud d’Ardabil s’est déroulée entre 3 et 5°C.

Une vue du bord du lac : une belle piste cyclable !

Demain ils repartent pour une étape de 80km.

Astaluego amigos