Paimpol à la rame

Après 2 journées exceptionnelles pour le sport cycliste au sens large (la magnifique victoire de Mathieu Van der Poel Dimanche et l’enchaînement frehel – cap frehel – st brieuc – paimpol lundi par le duo Guiôm/Manu), il fallait bien faire relâche aujourd’hui, pour recharger les batteries et faire baisser un peu l’intensité dramatique générée par ces événements peu habituels.

C’est donc sur l’eau que nous avons passé cette journée de « repos ». Découvrant en kayak de mer les abords de l’île de Brehat. Une vraie découverte de ce bel endroit. On a même croisé un phoque, quelques couples d’huitriers, des spatules blanches, et une flopée de cormorans.

Rien à déclarer côté vélo si ce n’est des liaisons inter bar et le site de départ de la rando kayak : une 15aine de km entre paimpol et lezardrieux, tout au plus.

Demain on décolle vers la côte de granite rose. Sûrement de belles images à montrer car aujourd’hui sur le kayak nous n’avons pas pris les téléphones…

Quelques images quand même de l’avant et l’après….

Paimpolochonaise

Ce soir à Paimpol, point de bataille de polochons en vue. Point de pochtronage paimpolien sur le port encore marqué des stigmates du festival des chants marins ou 150000 festivaliers selon les organisateurs (23 selon la police) ont déjà mis à rude épreuve les stations d’épuration de ce port réputé pour la qualité de ses huîtres et de ses bateaux à quai comme au large, entre continent et l’île de Brehat.

Ce soir ce ne sera pas la peine de venir nous border car Guillaume et moi ronflerons sans doute assez fort et assez tôt.

Avant hier dans la file d’attente du festival de la moule d’Hillion, un ostrogot breton inscrit pour Paris Brest Paris avait eu le temps (la file était longue) de nous décrire les difficultés que nous rencontrerions sur la route de paimpol depuis st Brieuc. Il ne s’était pas trompé : il y a des cotes raides comme la justice tout au long de ce littoral. Par ailleurs il nous a longuement décrit sa préparation pour pbp mais ça on s’en foutait un peu car nous attendions avec impatience et dans un froid de canard breton, de pouvoir consommer notre crêpe saucisse et notre kg de moules frittes quasiment données puisque le breton on le sait, outre un côté taciturne voir parfois renfrognier, est aussi généreux.

Ce matin donc après notre premier quart d’étape de 7km jusqu’au bus, nous montions dans celui ci pour le 2eme quart d’étape jusqu’a st brieuc, le temps de retrouver mon portefeuille sournoisement planqué au fond d’une de mes sacoches alors que je le croyais dans la voiture laissée stationnée dans une rue déserte de cette ville déserte.

Le 3eme quart d’étape de 28km nous amena jusqu’à st quay portrieu, un joli petit port. Je lutais vainement contre mon compteur garmin pour progresser vers l’objectif en respectant un itinéraire que j’avais visiblement chargé en sens inverse, ce qui explique que cet objet insupportable m’ait demandé pendant 28km de « faire demi tour des que possible ». S’il ne m’avait pas coûté un bras, je l’aurais jeté aux vagues d’un océan magnifique qui aurait dû faire demi tour à son tour…

Bon. Heureusement nous voilà dans une roulotte… euh… une caravane… euh une vieille caravane toute pourrie.

Un gros gros bravo à Guillaume pour son exploit du jour : 80 bornes quasiment sur un vtc de mamie avec 20kg de bagages… bon la il ronchonne un peu contre la patrone qui nous loue une caravane une blinde alors qu’il n’y a même pas un fil à linge dans ce bordxxxx…

Demain repos.

Bonne soirée

Breizhgo biking trip

« Dans la vie il faut savoir saisir les opportunités »… qu’i’ disent. Rien de plus agaçant que ces formules toutes faites. On saisit d’abord les opportunités qu’on peut…

Par exemple. Si tu passes 2 semaines d’été en Bretagne dans un temps de novembre, mais que t’as une 3eme semaine annoncée clémente, et qu’un pote avait prévu un périple à vélo dans les cotes d’Armor : tu te greffes au truc avec ton bike, tu saisis l’opportunité.

Voilà comment hier nous avons pris la route depuis st Brieuc vers le cap Frehel, par un itinéraire alternativement bucolique et maritime, tantôt vent de travers tantôt de dos, tantôt plat, tantôt vallonné… bref normal, suivant les panneaux indicateurs de l’eurovelo machin choses, par pistes, par routes, par monts zé par vaux.

Aujourd’hui il nous faut revenir sur st brieuc et remonter vers Paimpol…

Il se trouve qu’un bus équipé de portes vélos va nous permettre de gagner 45km de vent dans le nez, et que nous avons pile 5€ de monnaie (le prix du trajetpour 2 personneset 2 velo)… une belle opportunité à saisir !

Et voilà que pour passer le temps je tapote cet article ne sachant pas où il atterrira… on verra bien.

Cet aprem ce sera st brieuc paimpol à vélo musculotracté.

Quelques photos jointes

Élucubrations

On était allé ces dernières années jusqu’à oublier le plaisir de voyager, de passer les frontières, de se dépayser. Le virus d’abord nous contraignait au surplace ou au périmètre défini par nos frontières. Voyager était interdit ou compliqué, pas raisonnable. Il n’était pas non plus naturel car trop émetteur de CO2 et il faudrait penser à compenser, mais compenser ça ne sert à rien, qu’à fuir le problème en faisant mine de le solutionner dans 30ans.

Alors c’était tout ça qui nous échappait : prendre un billet, enregistrer en soute un bagage surdimensionné et le faire passer sur un tapis réservé au gros colis.

Puis à l’arrivée le récupérer, en sortir les pièces détachées d’un objet que tu remonterais bientôt les yeux fermés : ton vélo. Le charger de sacoches pleines de tout ce qui est essentiel pour passer d’un jour à l’autre sans manquer, ni de chaleur, ni d’hygiène, ni même d’évasion dans ton évasion.

Recommencer à pédaler loin de tes bases, réapprendre à causer engliche, à écouter engliche. Recommencer à prendre le vent de face et à avancer comme un escargot, ta maison sur ton vélo. Recommencer à ne pas avoir le choix d’aller, aujourd’hui, du point Å au point B même si le temps t’engagerait plutôt à rester à Å.

Mais surtout quelque soit ta vitesse de déplacement, le lieu où tu te déplaces, et que ce soit à pieds, bus, train ou vélo… ressentir la richesse du fait « d’être ailleurs », dans ce paysage que tu as choisi de découvrir, avec ces gens que tu as choisi de rencontrer, sans même dire le mot « culture », dans le simple appareil de ton itinérance, ton habit de lumière orange, noir, jaune, bleu, vert et pourquoi pas rouge… ressentir cette richesse n’avait pas de prix, elle nous avait été retirée à juste titre et la voilà, aujourd’hui revenue.

Les lofoten étaient une de mes destinations rêvées, c’est pour cela que j’ai immédiatement réservé des billets lorsque j’ai su que Flyr mettait en place un direct Montpellier-Oslo.

Le résultat est conforme aux attentes : on écarquille souvent les yeux pour profiter de paysages spectaculaires. On apprécie la gentillesse des locaux, la facilité d’accès des gens qui tous parlent parfaitement l’anglais, l’impression de sécurité, même à 2 roues, dans laquelle on est.

J’aimerais certainement y revenir, à vélo peut être dans le cadre d’un autre voyage plus long ? Ce qui est certain c’est que les lofoten sont déjà bien peuplées dès la mi-juin alors que la saison n’a pas encore réellement démarré. Beaucoup de circulation déjà sur la E10, beaucoup de camping cars malgré le litre de diesel à plus de 2,5€ !! Le vélo reste l’outil idéal pour se déplacer lorsqu’on prend le temps, et il peut être couplé au bus. Pour une visite des îles en vacances, ça semble suffisant si l’on n’a pas une famille à faire suivre bien sur. Pas de gros cols mais beaucoup de petites montées parfois 8 à 9%, quelques pistes… par contre, comme en Bretagne (en beaucoup plus froid… mi juin la température ne dépasse pas 14°), il peut pleuvoir plusieurs fois par jour, et entre les pluies on peut ne pas voir de rayons de soleil… on nous a dit que souvent on venait voir les Lofoten et on repartait sans les avoir vues…

Bref voilà, le plus beau voyage est toujours le prochain, ou celui qui se termine.

Les deux phrases étant vraies, « toujours » est de trop, tout comme « plus ». Profitons tant qu’il est encore temps de voyager dans ces pays, sans exagérer la consommation de km aériens, ni les polluer à coup de gazoil, ni encombrer leurs routes côtières fantastiques avec des moteurs vrombissants.

Vive le vélo et le velo-bus 🙂

Back to Moskenes

Le Viking a une fausse réputation de brute épaisse, si l’on en juge par la qualité des intérieurs plus cosy les uns que les autres, qu’il propose aux barbares venant d’un sud bouillonnant, venus se faire arroser de fraîcheur par les moyens de transports allant de la bicyclette au jet privé en passant par les ferry et les camping-cars. En attestent ces quelques clichés.

Donc le viking est sûrement souvent marié à une dame pleine de sensibilité et de talents en décoration intérieure.

Tout ça pour dire qu’aujourd’hui nous n’avons que peu pédalé mais que nous nous intéressons à la sociologie des lieux. Par exemple, le chauffeur de bus peut être très désagréable lorsque vous lui demandez comment fonctionne son p@#%& de porte vélo et qu’il vous dit qu’il doit démarrer, alors qu’il pleut et que nous avons payé le ticket pour éviter les hallebardes qui tombent en ce frais matin, sur svolvær. Par bonheur le chauffeur suivant, lui, à Leknes, est beaucoup plus accueillant et vérifie à peine notre titre de transport.

Et donc nous avons fait la route dans l’autre sens (yavait assez d’essence). Re-découvrir certains paysages à l’envers à un intérêt, surtout à l’abri dans un bus chauffé. Nous pensions retrouver notre immense grand duc au bord de la route (une enquête poussee a permis de définir la race de l’animal), mais quelques agneaux l’avaient remplacé, dans les rochers moussus du bord de la E10.

L’idée de ce retour arrière est de tenter à nouveau l’ascension, demain, de la randonnée de Reine, avec on l’espère une meilleure visibilité. C’est aussi de profiter d’un peu de calme encore avant le retour au fourneaux…

Svolvær

Nous voilà dans une petite cabane au bord du stor kongvasnet (un lac au dessus de svolvær). C’est très mignon. Il ne manque que l’eau courante, la douche, le wifi et des draps ou un lit fait, et ce serait parfait… rhalala ces touristes, toujours en train de se plaindre. Pour la douche y’a le lac, les bidons d’eau à l’entrée sont buvables, et la 4g cartonne comme partout dans le pays.

Ce matin nous avons réussi à faire une petite rando pour voir Henningsvaer de haut.

Ensuite nous sommes donc partis pour Svolvær, avec mission de contourner le tunnel réputé dangereux sur la E10. On a donc fait un mega détour par un chemin pas du tout adapté à nos gravels chargés. C’est passé quand même.

Petit stop quelques km avant svolvær pour ravitailler et prendre un café dans un joli petit salon de thé.

Au bout de la piste, la demeure de Kristian, ou nous logeons. Roots mais très belle et agréable

30km au total seulement aujourd’hui mais pas faciles, en partie sur un long chemin pas du tout carrossable.

Demain retour en bus sur Moskenes, voir si le soleil y est revenu et donc profiter un peu plus du lieu qui s’était caché sous la grisaille en début semaine.

Direction Henningsvaer

Un capitaine de route que j’ai connu dans de précédentes expéditions me poussait, pour « avoir des clics » à rédiger des récits sensationnels, parfois très éloignés de la réalité du terrain. J’ai souvent cédé à ses injonctions pour encaisser l’argent généré tous les millions de lectures d’ articles parfois excessifs.

Aujourd’hui, fuyant la quantité pour la qualité, je m’adresse au public restreint de ceux qui aiment pédaler dans la fraîcheur et n’ont pas peur d’emmener dans leurs sacoches des tonnes de fringues pour « si qui se mettrait à neiger ». Public restreint dont tu fais parti, cher lecteur, et je t’en remercie.

Alors aujourd’hui nous avons quitté l’auberge Furu, près d’un lac au nord de Leknes, au bord de la célèbre E10, la nationale que nous suivons depuis Å. Cette auberge était superbe et calme, pleine de surfers venus tâter de l’eau fraîche mais turquoise dans les spots du coin, réputés, mais vraiment réservés je pense, à une catégorie de sportifs issue des Igloos, des glaciers ou des frigos. Même turquoise, tu sens bien que c’est un coup à te geler les arpions, juste en y trempant un pied. Les montagnes tombant à pic dans cette mer faussement tropicale, avec quelques névés à fleur d’eau pour dénoncer la supercherie, tout ça ne doit attirer que quelques dingues de la wave… Pas nous qui pedalons avec plaisir.

NB : Hier soir enfin nous avons eu le soleil à minuit !! Et quel soleil !

Et aujourd’hui donc ? Etape court et tranquille jusqu’à Hennigsvaer dans des paysages somptueux et frais, entre mer et haute montagne (même culminant à 700m seulement, les parois souvent encore enneigées et la végétation rappellent notre haute montagne à nous), enfin ensoleillés même si la température est descendue sous les 10° il me semble, au milieu du parcours.

Une petite escale en route à Oldsfjord pour nous sortir un peu de la E10 par un chemin de traverse était un bon moment de tranquillité, car s’il faut avouer un petit défaut à ce périple, c’est la circulation assez intense sur l’axe E10 et le peu d’alternatives laissées aux vélos (hormis les contournements de tunnels) : il faut dire que construire une route dans ces montagnes n’est sûrement pas simple.

Petite étape au total de 40km. Demain ce sera encore plus mini puisque nous ralierons Solvaer.

3 cordées dans le « Nose » local
Du travail d’amatrice

Riding our bicycles

Le miracle ce matin voulut que la route fût sèche et les oiseaux bien plus nombreux à piailler que sous la pluie des jours précédents. Les zalémands arrivés à point d’heure dans la chambre d’à côté avait fini par se taire et la nuit claire et courte s’achevait à 6h30. 1h15 plus tard les premiers tours de manivelles au sec nous ramenaient sur Reine ou l’on pouvait cette fois ci admirer une bonne partie de l’ascension faite la veille sur des marches de granite posées à force d’hommes.

On évitait soigneusement les nombreux tunnels en empruntant les anciennes routes laissées là pour les cyclistes. Entre villages et grandes portions à flanc de falaises on arrivait vite à la bifurcation vers Nusfjord, gardée par un énorme Hibou blond attendant sans doute pour se nourrir que la nuit tombe… Pas de bol il va falloir attendre… ou alors… c’était pas un hibou.

L’arrivée dans le fjord de Nusfjord est d’abord spectaculaire, face à une dalle immense en cirque surplombant un névé qui ne passera pas l’été. Ensuite on longe un lac parfaitement montagnard, où pas grand monde n’ira se baigner avant août, j’en suis certain. Pour finir on entre dans un village typique, petit port de pêche, encerclé de falaises.

C’est là que nous embarquons dans un rafiot de pêcheur qui nous fera traverser pour la modique somme de 35€ par tête de pipe, jusqu’à un autre bled de pêcheurs dont j’ai oublié le nom (du bled, pas du pêcheur). Traversée étiquetée « Lofoten Expérience » équivalente à « promène couillon en méditerranée » mais avec un service en plus : nous faire éviter à nous cyclistes, le tunnel sous marin de 2,5km, décrit comme le tunnel de l’enfer des lofoten.

Bref, c’est allégé de 70€ que nous mangeons un excellent sandwich au bord d’un lac de la banlieue de Leknes, sorte de capitale locale.

Dernier check de l’itinéraire, et tiens, voilà que j’avais oublié 10km dans le décompte. Il en reste donc 35, et vu les dégâts faits par les 2000 marches de sherpas d’hier, 25km et 35km c’est différent, d’autant que tiens, le petit vent de nord s’est levé.

Bon mais au final nous voilà à l’abri et au sec ! Pas une goutte de pluie en 80 bornes, un rayon de soleil à l’arrivée, des paysages superbes… on était bien venu pour ça !

Demain, itineraire incertain, selon météo.

Balade à Reine

Ce matin le gris foncé de la veille ne s’était pas transformé en soleil, ni en gris clair… Le plafond bas, la bruine et le calme ambiant faisait craindre le pire : une grasse matinée allongée jusqu’à l’après midi, suivie d’une sieste jusqu’à l’apero. Mais non. Notre dernière journée de repos devait être active et nous partîmes vaillants et à pieds, direction Reine, longeant la E10 très fréquentée dans les 2 sens. À quelques hectomêtres de Reine démarre la fameuse randonnée Reinebringen que nous avions prévu de faire aujourd’hui par beau temps… bon.. Le temps était fort mauvais. On n’y voyait pas à 20m… mais à y être, on est monté quand même. 450m de d+ par de magnifiques marches (hautes d’un bon 30cm chacune) posées il y a peu par une équipe de sherpas Himalayens venus spécialement pour ce travail incroyable : poser des blocs de granite énormes en guise d’escaliers sur un itinéraire qui était devenu, parait-il, dangereux et très dégradé. Il faut dire que la vue là haut est extraordinaire.

Mais… pour voir les magnifiques clichés de cette ballade, inutile de scrowler cet article : cherchez sur le net ça ira plus vite. Si je dis « on n’y a vu que du gris », à part la verdure aux environs directs du chemin, c’est vrai, tout était gris et épais. Rien en haut des quelques 1300 marches de géants qu’un épais nuage posé là, sur Reine, et sur toutes les Lofoten.

Alors on est redescendu, après avoir rencontré la haut 2 Francais d’une 60aine d’années habitants à St Bauzille de Montmel !! Dingue.

Comme il fallait s’y attendre il y a eu une petite fenêtre de « beau » (la brune est montée au dessus du sommet) entre 17h et 17h15, le temps de nous agacé un peu, nous qui, au villages, prenions quelques photos sans capuches, le temps ayant décidé d’une trêve d’humidité…

Demain début des hostilités cyclistes si tout va bien, direction 70km à l’est vers… je sais plus. Bises

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